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dimanche 20 mai 2012

Deniers de Carloman de l'atelier d'Auxerre : variétés de légende


Les deniers de Carloman de l'atelier d'Auxerre sont assez rares. Il y a une quinzaine d'exemplaire répertoriée. Cependant, nous pouvons distinguer au moins trois variétés de légende pour le revers de ce type de denier.
La légende la plus développée avec le I final : + CIVIS AVTISSIDERI (cité d'Auxerre) se rencontre sur le denier suivant, découvert récemment dans le département de l'Aube – je remercie ici son propriétaire de l'avoir porté à ma connaissance et de m'avoir autorisé à publier ses photos.
A/ : +HCARLEMANVS R, croix
R/ : + CIVIS AVTISSIDERI, monogramme carolin

Cette légende se retrouve également sur les deux exemplaires du trésor de Gravigny ainsi que sur celui passé en vente en 1993 au "Crédit de la bourse" :

 

La deuxième légende voit son I terminal disparaître, on a donc plus que :
A/ : +HCARLEMANVS R, croix
R/ : + CIVIS AVTISSIDER, monogramme carolin
Denier issu du trésor de Langres (voir Monnaies et détection n°33, avril 2007)
Les deux deniers conservés au Cabinet des Médailles de la BNF (Prou 590 et 591) possèdent la même légende ainsi qu'un des exemplaires de l'American Numismatic Society : http://numismatics.org/collection/1964.176.170 Un cinquième exemplaire dont j'ignore l'origine a également cette légende.

Enfin, nous avons une légende où le R final et remplacé par un P. C'est le cas de l'exemplaire de la vente Alde de juin 2010.

A/ : +HCARLEMANVS R, croix
R/ : + CIVIS AVTISSIDEP, monogramme carolin

Cette légende se retrouve aussi sur l'exemplaire du Musée Saint-Germain d'Auxerre.

Pour que cette étude soit vraiment complète il faudrait connaître les légendes des trois autres deniers détenus par l'American Numismatic Society ainsi que celle de celui conservé au Bode Museum de Berlin. A noter qu'Ernest Gariel dans son ouvrage "Les Monnaies royales de France" donne comme légendes :
A/ : +HCARLEMANVS R, croix
R/ : + CIVIS AVTISSIDER, [les deux S sont rétrograde], monogramme carolin.
Ainsi que :
A/ : +HCARLEMANVS R, croix
R/ : + CIVIS AVTISSIDR, [sans le E], monogramme carolin.

On le voit ici, pour un nombre d'exemplaire restreint nous avons beaucoup de légendes différentes ce qui suppose un nombre important de deniers fabriqués sous Carloman dans l'atelier d'Auxerre.



jeudi 26 avril 2012

Un nouveau denier d'Auxerre inédit du XIIe siècle

Voici un nouveau denier d'Auxerre totalement inédit datant du dernier quart du XIIe siècle.
A/ : +ALTIS/IODOR, croix pattée au pied fichée coupant la légende dont le bras supérieur est recerclé (ou anillé), légende entre deux grènetis denché.
R/ : anépigraphe, dans le champ croix pattée boutonnée, une étoile à cinq branches à chaque extrémité des bras verticaux de la croix et un croissant à chaque extrémité de ses bras horizontaux entre deux grènetis denché.
Poids : 1 g ; diamètre : 19 mm
Argent 
Ce denier est absent de tous les ouvrages de référence et n'avait à ce jour jamais été répertorié.

vendredi 27 janvier 2012

Bilan Ebay 2011

Voici le bilan des monnaies de l’Yonne passées en vente sur Ebay durant l’année 2011.

73 monnaies icaunaises sont passées en vente sur le site en 2011. 49 proviennent de l’atelier d’Auxerre, 21 de celui de Sens, 2 pièces de Tonnerre et 1 d'Avallon. Voici leur nombre par type et leur cotation moyenne en euros :

Pour les monnaies d’Auxerre, on compte 1 monnaie carolingienne, 31 féodales, 4 royales et 13 billets de nécessité.Pour les monnaies de Sens, nous avons 8 monnaies carolingiennes, 6 féodales, 3 euros de ville, 4 billets de nécessité.
Pour Tonnerre, il y a 2 monnaies féodales. Et, pour Avallon, nous avons un denier carolingien de Charles le Chauve.
A noter que pour la grande majorité des ventes il n’y a pas de grand changement par rapport aux prix de 2010.

mardi 3 janvier 2012

Encore un nouveau denier mérovingien de Sens inédit

Voici un nouveau denier mérovingien en argent découvert il y a peu de temps dans l'Yonne. Essayons de savoir ce qui se cache derrière les légendes :

A/ : +V[..]MBERTVS MO, buste nu à gauche

R/ : SENOHECIS CIVIS, monogramme formé des lettres L et D, le L surmonté d'une croisette ; les S sont rétrogrades

Poids : 1,10 g

La légende du revers ne fait aucun doute avec SENOHECIS CIVIS, on peut la traduire par : cité de Sens. Nous avons donc ici un denier de la ville de Sens. Le monogramme représente quant à lui le nom de Lamdebertus (Lambert), évêque de Sens vers 677-691.

Pour l'avers, la légende se terminant par MO indique que nous avons à faire à un monétaire. Jusqu'à présent seuls trois monétaires pour Sens dont le nom apparaît sur des deniers avec le monogramme de Lambert étaient connus. Il s'agissait de Godobrandus, Fartus et Vara..clius (voir l'article http://monnaiesdyonne.blogspot.com/2011/10/une-nouvelle-variete-de-denier.html). Nous avons ici un nouveau monétaire dont le nom est malheureusement incomplet : V [..]MBERTVS.

Enfin, nous pouvons ajouter que, par le style du monogramme assez simple, ce denier se rapproche de celui de l'évêque Lambert. Il semble donc qu'il daterait de la fin du VIIe siècle.

Pour résumer, nous avons un denier d'argent inédit de la ville de Sens du monétaire V..mbertus datant de la dernière décennie du VIIe siècle.

dimanche 18 décembre 2011

Deniers inédits de Pépin le Bref pour Sens

Dans un précédent article, je vous présentais deux deniers carolingiens de Sens, mis en vente par la société Elsen et fils, dont un denier de Pépin le Bref inédit.

Avers : monogramme RP sous un tilde, à droite un globule
Revers : En deux lignes séparées par un trait et un point: ECL·/ SEN
Poids : 1,04 g ; Diamètre : 15 mm. Collection privée

Cette monnaie, dont le revers ECL./SEN peut être développé en Ecclesia Senonesis, désigne l'archevêché de Sens.

Or, dans un article du Bulletin de la Société Française Numismatique (n°8, octobre 2010, p.232-234), Philippe Schiesser présente un nouveau denier de Pépin le Bref tout à fait inédit. Voici ce denier :

Avers : ..RX.I.P.. (R rétrograde, R et X liés, R et P centré d'un point)

Revers : SEN (sans croisette ni tilde ?)

Poids : 0,86 g ; Diamètre : 13,5 mm. Collection privée.

L'auteur attribue cette monnaie à la ville de Sens grâce à la légende du revers, et à Pépin le Bref par son monogramme bien qu'il soit ici nouveau. Cependant, ce denier qui possède une âme de cuivre sous une pellicule d'argent est un faux d'époque. Néanmoins il doit être assez proche de l'original, qu'il copie, car la légende du revers SEN rappelle les premiers deniers de Charlemagne de cette ville. Cette continuité incite à penser qu'un denier authentique a dû être frappé.

Si vous souhaitez approfondir davantage, je vous laisse découvrir l'article de Philippe Schiesser que vous pourrez commander auprès de la Société Française de Numismatique, ici.

mardi 4 octobre 2011

Une nouvelle variété de denier épiscopal de Sens d'époque mérovingienne

Découvert récemment au sud de la Seine-et-Marne, ce denier d'argent a des similitudes avec les deniers épiscopaux de Sens déjà connus mais également des différences qui en font une nouvelle variété.
Voici sa description :
A/ : + SENO[N]S OEA, buste à gauche stylisé avec un diadème constitué de traits hérissés, les lèvres représentées par deux besants, les S sont couchés.
R/ : A[F]DEVHSEL, Monogramme formé des lettres L et D, le L surmonté d'une croisette formée de trois besants, S couché.
Poids : 1,22 g ; Diamètre : 12,4 mm
Ce denier fait immédiatement penser au denier n°60 du trésor de Bais. Les légendes du droit sont identiques, mais dans le sens rétrograde pour le trésor de Bais: +AEO SENONS. De plus sur le dernier n°60 le buste est à droite et d'une facture plus soignée, cependant on retrouve les deux globules formant les lèvres. Le monogramme du revers de l'exemplaire n°60 est également identique mais 7 à 8 globules l'entourent. Voici ce denier :

Cette monnaie a été vendu lors de la vente Numismatik Lanz du 30 mai 2005, n°1181. Pierre Crinon dans son article : "Nouvelle datation du trésor de Bais, à propos des deniers épiscopaux de Sens" a attribué ce denier à l'épiscopat de Saint-Ebbon et le datait des années 720/730.
Cependant, le monogramme composé des lettres L et D se retrouve également sur des deniers où les noms des monétaires sont présents, nous avons : Godobrandus, Fartus, Vara..clius. Ceux-ci sont antérieurs au denier de Saint-Ebbon et datent du début du VIIIe siècle. Les styles sont néanmoins très voisins.
Denier au nom du monétaire Godobrandus, identique au n°59 du trésor de Bais (collection privée).
Sur notre nouveau denier au revers nous avons probablement le nom d'un monétaire mais il est actuellement impossible de savoir lequel dû à la difficulté de comprendre la légende.
Peut-on en conclure que ce nouveau denier, au vu des similitudes avec le n°60 de Bais ainsi qu'avec le n°59 (notamment la croisette constituée de trois globules et le nom d'un monétaire), serait à classer entre ces deux exemplaires ? Un argument supplémentaire vient du poids, le denier n°59 au nom de Godobrandus pèse 1,24 g, notre denier 1,22 g et le n°60 de Bais 1,15 g. Peut-on admettre un abaissement du poids au fil des années ? Nous pourrions alors dater ce nouveau denier des années 700/720 pendant l'épiscopat de Géry ou au début de l'épiscopat d'Ebbon. Cela reste bien entendu une hypothèse.

vendredi 23 septembre 2011

Deux écus d'or exceptionnels de l'atelier d'Auxerre

Deux exceptionnels monnaies d'or de Charles VII pour l'atelier d'Auxerre sont ou vont passer en vente aux enchères.
La première est un écu d'or au briquet du 4e type (après 1435). Il a été proposé lors de la vente Alde du jeudi 16 et vendredi 17 juin dernier. Sa mise à prix était de 5000 € et il a été vendu 6500 €.

Voici cette monnaie :A/ : (Briquet)*KAROLVS*DEI*GRA*FRACORV*REX, écu de France couronné, accosté de fleurs de lis couronnées, ponctuation par étoile.
R/: (Briquet)XPC*VInCIT*XPC*REGnAT*XPC*InP, croix fleuronnée, cantonnée de quatre couronnelles. Briquet en cœur (marque de l’atelier d’Auxerre). Ponctuation par étoile sur croissant.
Poids : 3,31 g ; diamètre : 27 mm ; axe des coins : 9 h
Références : Dumas 20-3 - Dy 517 - L 512c Photo : http://ogn-numismatique.com

Cet écu est exceptionnel par sa rareté, en effet seul deux autres exemplaires sont connus : collection Marchéville n°1447 et vente Argenor avril 2000, n°234 (3,50 g, 27 mm, 5488 €). Peut-être ne font-ils qu'un d'ailleurs ?

Le second écu d'or de Charles VII pour Auxerre est proposé à la vente aux enchères n°10 de Monnaies d'Antan, sous le n°282.
Il s'agit aussi d'un écu d'or au briquet mais du 3e type. Sa mise à prix est de 5500 €.
A/: (briquet)*KAROLVS*DEI*GRA*FRACOnRUm*REX*, Ecu de France accosté de deux fleurs de lis couronnées, ponctuation par étoile.
R/: (briquet) XPC*VInCIT*XPC*REGnAT*XPC*InPERAT, Croix fleuronnée cantonnée de quatre couronnelles, ponctuation par étoile.
Poids : 3,31 g ; Diamètre : 27 mm
Références : Dumas 20-2-2 ; Dy516c ; L512b. Photo : http://www.monnaiesdantan.com/vso10/charles-vii-ecu-briquet-p282.htm

Françoise Dumas avait répertorié trois exemplaires de ce type d'écu (3,44 g - 3,38 g (Gariel n°35) - 3,31 g), c'est dire la rareté de cette monnaie.