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jeudi 23 juillet 2009

Un denier d’Auxerre du XIIe siècle peu courant

Je viens d’acquérir un denier d’Auxerre qui n’est pas très courant. Il n’est pas répertorié dans le Poey d’Avant[1], ni dans le Caron[2]. Et, il apparaît comme inédit dans le Boudeau[3] sous la référence 1738. Voici cette monnaie :
Avers : +ALTISIODOR
Description de l’avers : Croix auxerroise fichée qui coupe la légende
Revers : anépigraphe
Description du revers : Croix auxerroise dans un grenetis, un annelet entre deux grenetis en bout de chacune des branches de la croix
Poids : 1,07 g ; Diamètre : 19 mm ; Axe des coins : 2 h

Une monnaie identique appartient au Musée Saint-Germain d’Auxerre (photo non disponible), mais d’un poids inférieur (0,78 g) et d’un diamètre de 18,5 mm, référencé sous le n°58 page 93 du catalogue de la collection Gariel de Victor Manifacier[4].

Ces monnaies sont originales car elles possèdent la croix de l’avers du Poey d’avant PA5891 (Pl. 136, 8) et le revers presque identique au PA5896 (Pl. 136,12) où trois besants accompagnent les annelets.

Peut-on en déduire que ce denier de billon s’intercale chronologiquement entre les deux monnaies ci-dessus ? C’est en effet une hypothèse tentante.

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[1] F.Poey d’Avant, Monnaies féodales de France, tome III, Paris, 1858, p.233
[2] E.Caron, Monnaies féodales française, Paris, 1882, p.337
[3] E. Boudeau, Catalogue général illustré et prix marqués de monnaies françaises (provinciale),Paris, p.221
[4] V. Manifacier, « Catalogue des monnaies, méreaux, jetons et médailles de la collection Gariel au musée de la ville d’Auxerre », Auxerre, 1908, p.93

mercredi 10 juin 2009

Trouvaille de deniers inédits du Xe siècle de Château-Landon et Sens

Dernièrement, dans les environs de Nemours fut découvert un ensemble de trois monnaies médiévales : deux deniers de Château-Landon et un denier de Sens. La personne qui les a trouvé a bien voulu que je les étudie pour publication. Ces monnaies avaient été présentées sur le forum Numismaticom, le 4 mars 2009. Revenons-y en détail avec une attention particulière.

Château-Landon (fig.1)Avers : + CRATIA D-V PEX
Description de l’avers : Monogramme de Raoul imité de celui d’Eudes, formé d’un P et d’un F opposés, cantonné de deux croisettes évidées, d’un I à gauche du P et d’une croisette à droite du F. La légende commence à 9 h.
Revers : X AVNDNIS CASTRV
Description du revers : Croix pattée dans un grenetis. Légende à 11 h.
Diamètre : 19 mm
Poids : 1.07 g, argent
Réf. : PA59-60 (pl. II, 8-9) ; Depeyrot 307 ; Gariel LIII 8-9 var. ; Morisson-Grunthal 1601-1604 var.

Ce denier de Château-Landon correspond aux pièces acquises par le Cabinet des Médailles de Bruxelles et décrites par Françoise Dumas dans le Trésor de Fécamp[1], p.190, auxquelles peut être associée la monnaie n°6833 de ce trésor : Avers : +[G]RATIA P-V PEX et revers : + AVNDNIS CASTRVTA. Le monogramme est quant à lui identique. Et si l’on en croit de P. Crinon[2], ce monogramme apparut du vivant de Raoul (923-936) a été repris postérieurement dans les régions dépendant directement de l’autorité d’Hugues le Grand († 956). A noter que le poids est particulièrement faible (1,07 g) par rapport aux autres deniers du même type (1,22 g – 1,26 g – 1,255 g).

Château-Landon (fig.2) Avers : + CRATIA D-V REX
Description de l’avers : Monogramme de Raoul dégénéré, imité de celui d’Eudes, une fasce cantonnée de deux croisettes évidées de chaque coté et d’une croisette à droite. Légende à 9 h.
Revers : + L’ANDNIS CASTRVT
Description du revers : Croix pattée dans un grenetis. Légende à 11 h.
Diamètre : 21 mm
Poids : 1.10 g, argent
Réf. : Prou 538 var. (monogramme confus) ; PA59-60 (pl. II, 8-9) ; Depeyrot 307 ; Gariel LIII 8-9 var. ; Morisson-Grunthal 1601-1604 var.

Ce second exemplaire (fig.2) présente des légendes voisines mais le monogramme de Raoul est déjà fortement dégénéré. La haste n’est plus accompagnée du P et du F opposé, le I a lui aussi disparu. Seul reste de chaque côté de la haste les croisettes évidées ainsi que la petite croisette dessous à droite. La frappe est un peu molle aussi les légendes sont-elles plus difficiles à déchiffrer. Le monogramme correspond davantage aux deniers de Philippe Ier (1060-1108) : PA61 (pl. II, 10)[3]. Les légendes sont néanmoins représentatives du Xe siècle. Le poids est relativement faible. Cette monnaie semble inédite.

Sens (fig.3) Avers : + IENOINSCIVI (légende rétrograde)
Description de l’avers : Croix pattée dans un grenetis
Revers : Anépigraphe
Description du revers : Croix pattée dans un grenetis, une croisette évidée entre deux grenetis
Diamètre : 22 mm
Poids : 1.17 g, argent
Réf. : ?

Ce grand denier (22 mm) avec ses croix centrales épaisses et sa légende rétrograde, ne correspond à aucune référence connue pour Sens. Il est totalement inédit. On peut cependant le rapprocher des grands deniers aux deux croisettes au revers (PA 5911 pl.CXXVII, 3)[4] [fig.4]. La légende quant à elle rappelle certaines légendes de deniers de Provins-Sens (PA5959 pl.CXXXVIII, 13)[5] [fig.5], de même la croisette évidée au revers que l’on retrouve également sur ces deniers ainsi que sur un denier de Renard Ier (948-999) [6], comte de Sens [fig.6].

fig.4
fig.5
fig.6

Peut-on déterminer une datation pour l’ensemble de cette trouvaille ?

La similitude du premier denier de Château-Landon (fig.1) avec celui du trésor de Fécamp laisse penser que cette monnaie date d’avant 980, terminus post quem de ce trésor. Cependant, Françoise Dumas pense que ce type est de peu postérieur au règne de Raoul (†936)[7]. Pierre Crinon[8] le situe sous l’autorité d’Hugues le Grand, donc avant 956 date de sa mort. De plus, les croisettes évidées et la croix épaisse du denier de Sens se rapprochent beaucoup du denier de Renard Ier, qui accède au titre comtal de Sens en 948.

En conclusion, et sans vouloir donner une datation trop précise – la trouvaille n’ayant que trois monnaies dont deux inédites – nous pouvons estimer que les deniers de la trouvaille de Nemours datent du troisième tiers du Xe siècle.

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[1] F. Dumas-Dubourg, Le Trésor de Fécamp et le monnayage en Francie occidentale pendant la seconde moitié du Xe siècle , Paris, 1971, p.190 et pl.XIV.
[2] P. Crinon, Un denier inédit de Châteaudun du Xe siècle. Les déformations du monogramme de Raoul (RFS et OFS), BSFN n°4, 48e année, avril 1993, p.539-543.
[3] F.Poey d’Avant, Monnaies féodales de France, tome I, Paris, 1858, p.10
[4] F.Poey d’Avant, op. cit., tome III, Paris, 1858, p.239
[5] F.Poey d’Avant, op. cit., tome III, Paris, 1858, p.248
[6] Vente Inumis n°1, lot n°1393 de 25 mars 2006, (1,43 g., 22 mm)
[7 ]F. Dumas, « Les monnaies du roi Raoul, roi de France », Mélanges offerts à J. Lafaurie, Paris, 1980, p.215-222
[8] P. Crinon, op. cit., p.539

mercredi 3 juin 2009

Une monnaie d’Auxerre exceptionnelle en vente aux enchères

La collection Bernard Chwartz, mise en vente aux enchères publiques par la maison ALDE le jeudi 18 juin 2009, et décrite par l’expert Pierre Crinon, comprend au numéro 6 un solidus au nom de l’empereur Anastase (491-518), attribuable à Auxerre (Altaziodero).


Avers : DN ANASTA-SIVS - PPAVG
Description de l’avers : Buste casqué et cuirassé de face, tenant une lance transversale sur l’épaule et un bouclier.
Revers : VICToRI-A AVGGGΔ / AL // CONOB
Description du revers : Victoire debout à gauche, tenant une longue croix, CONOB à l’exergue et lettres A et L dans le champ.
Diamètre : 21 mm ; poids : 4,30 g ; Axe : 6 h ; métal : or

Cette monnaie exceptionnelle de l’époque de Clovis (481-511) est datée par Jean Lafaurie[1] des années 507-508. Seuls deux autres solidus de mêmes coins sont connus : l’un conservé au Cabinet des Médailles de la BnF (Belfort n°5050), l’autre au Musée de Berlin (Kluge n°131).

Je vous invite à découvrir ce solidus ainsi que toutes les autres monnaies de cette incroyable vente en vous rendant sur l’un des deux sites : http://www.alde.fr/ ou http://www.ogn-numismatique.com/
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[1] J.Lafaurie, « Monnaies frappées en Gaule à l’époque de Clovis », Clovis histoire et mémoire, Actes du colloque international d’histoire de Reims les 19-25 septembre 1996 sous la direction de Michel Rouche, Paris, 1997, T.I, p.769-802

vendredi 22 mai 2009

Un nouveau denier mérovingien de Sens attribué à l’église de Poitiers

Lors de la dernière vente sur offre n°38 chez CGB du 30 avril 2009, était proposé, sous le numéro 1680, un denier d’argent aux entrelacs classé à l’église de Poitiers (fig.1). Voici sa description:

Fig.1
Avers : Légende indéterminée.
Description avers : Tête stylisée et radiée à droite, un fleuron en forme de bras relevé devant le visage.
Revers : Anépigraphe.
Description revers : Entrelacs ornés d’un globule à 6 heures.
Diamètre : 12mm
Axe des coins : 12h.
Poids : 1,27g.
N° dans les ouvrages de référence : B.5734-5735 - P.2236-2237 - MEC.1/- - Laf/L.- - Bais.205

Ce n’est pas une surprise car la plupart des monnaies aux entrelacs, issues des trouvailles de Plassac, Saint-Pierre-des-Etieux, ou Bais, ont toutes été attribuées par Prou ou J. Lafaurie soit aux ateliers indéterminés, soit à la région de Poitiers. Il était donc logique que l’équipe de CGB classe ce denier à Poitiers, bien que ce classement leur paraisse subjectif (ce type de denier pour la trouvaille de Nice-Cimiez a même été attribué à Marseille).Mais dernièrement, Pierre Crinon dans son article : « Nouvelle datation du trésor de Bais, à propos des deniers épiscopaux de Sens » dans le Bulletin de la Société Française de Numismatique, n°6, juin 2008, attribue de nombreux deniers mérovingiens, notamment du trésor de Bais, à Sens. Dans cet article il propose également une nouvelle datation du monnayage de Sens et démontre que les monnaies dites aux entrelacs devraient être attribuées à l’église de cette ville. Elles sembleraient même dater de l’épiscopat d’Ebbon, évêque de Sens (vers 709/711-740). Je ne referai pas ici sa démonstration, je vous renvoie à l’article en question.

En comparant le denier de la VSO38 ci-dessus (fig.1) avec l’image de la monnaie n°205 du trésor de Bais (fig.2), on voit immédiatement les similitudes.
Fig.2

Le denier n°205 de Bais diffère cependant du n°1680 de la VSO 38 par la présence d’une croisette au droit devant le visage en place d'une palme et d’une croisette au revers au-dessus des entrelacs absente sur l’autre monnaie . Il semble néanmoins que le doute ne soit pas permis et que l’on doive également attribuer le denier n°1680 de la VSO «MONNAIES 38» à l’église de Sens, en tant que variété du denier 205 de la trouvaille de Bais.

vendredi 8 mai 2009

Une obole inédite d’Auxerre

Il a été récemment vendu sur un site d’enchère en ligne bien connu sur Internet une obole d’Auxerre dont certaines caractéristiques ont retenu mon attention. Voici sa description (fig.1) :
Fig.1

Avers : +AVTISIODERCI, Croix pattée dans un grenetis
Revers : anépigraphe, croix pattée dans un triple grenetis
Diamètre : 14-15 mm, poids : inconnu
Cette obole manque aux ouvrages de référence de Poey d’Avant[1], de Caron[2] et de Boudeau[3]. Cependant, elle n’est pas sans rappeler un exemplaire décrit dans le Poey d’Avant sous la référence PA5885 (Pl.CXXXVI,6), cette obole est actuellement détenue aux Musées de Sens. En voici la description (fig.2) :
Fig.2

Avers : +AVTISIODERC, croix pattée dans un grenetis
Revers : anépigraphe croisette en place de légende, croix pattée dans un triple grenetis
Diamètre : 15-16 mm, poids : 0,62 g

On le voit ces deux exemplaires sont très proches, néanmoins on remarque plusieurs différences :
- l’absence de croisette au revers de l’obole fig.1
- la légende incomplète de l’obole PA5885 (fig.2) : +AVTISIODERC en place de +AVTISIODERCI
- La forme de croix, plus fine sur la première obole. Ce qui m’incite à la croire plus ancienne.

A partir de ces éléments on peut en déduire que l’obole (fig.1) passée en vente sur Internet est entièrement inédite.
Il faut cependant attirer l’attention sur la similitude qui existe entre cette obole et un denier de Sens passé en vente dernièrement également sur Internet. En voici sa description (fig.3) :
Fig.3

Avers : +SENONES CIVI, croix pattée dans un grenetis
Revers : anépigraphe, croix pattée dans un triple grenetis
Diamètre : 20 mm, poids : 1,20 g

A part la légende qui désigne bien la ville de Sens au lieu de celle d’Auxerre, les autres éléments (croix, grenetis) sont parfaitement identiques.

Pour quelles raisons les villes de Sens et d’Auxerre auraient frappées des monnaies si semblables et à quelle époque ?

Cette similitude se rencontre déjà avec les deniers frappés sous Richard le Justicier (voir l’article de P. Crinon et R. Prot[4]). Vers 890 le duc de Bourgogne s’empare des villes de Sens et d’Auxerre. A partir de cette date, apparaissent les deniers anépigraphes bien connu PA5880 (pl. CXXXVI,1) et PA5907 (pl. CXXXVII,10). Ce type de deniers perdurera pour Auxerre jusqu’au XIIe siècle et pour Sens vers le milieu du Xe siècle.

Cependant, à la fin de l’année 936 les cités d’Auxerre et de Sens se retrouvent sous l’autorité d’Hugues le Grand, duc des Francs, suite à la guerre menée contre Hugues le Noir, duc de Bourgogne et fils de Richard le Justicier, qui en avait la possession auparavant[5]. Cette scission dura à peine une vingtaine d’année et on peut imaginer que le duc des Francs ait voulu marquer cet état de fait en faisant frapper des monnaies légèrement différentes de celles en circulation. On sait que Renard Ier accède au titre comtal de Sens en 948[6] et l’on connaît des monnaies à son nom (PA5906). Il est donc possible que nos monnaies ci-dessus aient été frappées sur ordre d’Hugues le Grand dans une période comprise entre 936 et 948.

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[1] F.Poey d’Avant, Monnaies féodales de France, Paris, 1862
[2] E.Caron, Monnaies féodales françaises, Paris, 1882
[3] E.Boudeau, Catalogue général illustré et à prix marqués de monnaies françaises provinciales, Paris
[4] P.Crinon et R.Prot, « Deniers inédits de Sens et de Tonnerre et essai de chronologie du monnayage anépigraphe à Sens, Tonnerre et Auxerre durant les deux premiers tiers du Xe siècle », dans Bulletin de la société française de numismatique, 48e année, n°2, février 1993, p.483-489
[5] Y.Sassier, « Les pays de l’Yonne autour de 987 », dans Bulletin de la société des sciences historiques et naturelles del’Yonne, année 1987, 119e volume, Auxerre, 1988, p.13
[6] E.Meunier, « Le sénonais au temps du changement dynastique », dans Bulletin de la société des sciences historiques et naturelles del’Yonne, année 1987, 119e volume, Auxerre, 1988, p.20-21

jeudi 23 avril 2009

Un denier inédit de Provins-Sens

Louis Félix Bourquelot dans son ouvrage : L’histoire de Provins[1], indique que l’apparition sur les monnaies de l’alpha et l’oméga, que l’on trouve sur les deniers au peigne champenois, daterai de 1015 initié par le roi Robert Ier puis par son fils le roi Henri Ier. Il s’appuie en cela sur l’ouvrage de Joachim Lelewel[2]. Bien sur, il y a là une flagrante erreur car ces attributs n’apparaissent sous forme suspendu que sur les monnaies d’Henri Ier donc à partir de 1031. Néanmoins, à partir de cette assertion je décidai de vérifier dans ma collection si j’avais un denier qui ne posséderai pas l’alpha et l’oméga dans ses cantonnements. Et là, surprise ! Sans l’avoir remarqué auparavant, je possède un denier de Provins-Sens de type au « peigne champenois », mais qui a la caractéristique d’être vierge de tous cantonnements au revers, contrairement aux autres deniers de ce type qui possèdent tous l’alpha et l’oméga en plus de besants dans les différents cantons (voir dessous).

Fig.1 : denier au peigne sans cantonnements

+ PRDVIHIS CATO,
O+O, croisette évidée, peigne à gauche 8 dents
+ SEEI:OEM CIVI, Croix pattée
Diamètre : 20,5 mm ; poids : 1, 38 g

Autre particularité, la croix pattée du revers est décalée, la légende commence alors à 11 h. On peut remarquer aussi que le O de OEM est pointé.

Peut-on déterminer une datation pour cette monnaie ?

Dans un article précédent, j’avais présenté une obole de Provins-Sens au monogramme odonique qui était à l’origine du monnayage commun de ces deux villes. On pouvait la dater des années 977-978, à l’instar des deniers identiques du trésor de Fécamp[3].

Fig.2 : obole au monogramme (coll. M VDB)

+ DRIINIS CATO, monogramme de type odonien déformé
+ SENOII[..]C[…], croix pattée dans un grenetis
Diamètre : 15 mm ; poids : 0,46 g

Le monogramme, quant à lui, a évolué durant une période d’une vingtaine d’année probablement jusqu’en 996. La croisette évidée avec la petite croix au dessus s’est modifiée en O+O, pour donner :

Fig.3 : denier au monogramme

+ IS'IVNIS CATO, O+O, monogrammes d’Eudes
+ SENONS CIVI, Croix pattée
Diamètre : 21 mm ; poids : 1,35 g

Puis, le coté gauche du monogramme s’est transformé en peigne. On remarque toutefois que pour le revers des monnaies au monogramme la croix n’est jamais cantonnée.
Mais, la totalité des deniers au peigne connus ont la croix du revers cantonnée de besants et de l’alpha et l’oméga.

Fig.4 : denier au peigne avec cantonnements
+ RILDVMIS CATO,
O+O, croisette évidée, peigne à droite 12 dents, légende rétrograde
+ SEEI:OEMS CIVI,
Croix pattée cantonnée d’un oméga dans le 1er, alpha en 3 et besant en 2 et 4
Diamètre : 20 mm ; poids : 1,11 g

Notre denier à la croix simple semble donc être intermédiaire entre les deniers au monogramme et ceux au peigne avec cantonnements. Mais, même s’il est inédit en tant que denier, il existe une obole présentant les mêmes caractéristiques : l’obole de Provins-Sens du trésor du Puy[4].
Sa croix n’est pas cantonnée. Seule différence : les légendes sont rétrogrades. Le trésor du Puy est, quant à lui, daté des années 998 à 1031.

Enfin, en comparant les poids de ces divers deniers on s’aperçoit qu’en moyenne les deniers du trésor de Fécamp font 1,39 g, ceux au monogramme 1,34 g, le denier au peigne sans cantonnements 1,38 g (il n’y a qu’un exemplaire), les deniers de Sens au peigne 1,27 g, et les deniers au peigne avec cantonnements 1,11 g. On perçoit grâce à la baisse continue des poids une chronologie de ce type de monnayage.

Fig.5 : denier de Sens au peigne (coll. Musées de Sens)
+ CRACIA D-I TI, O+O, peigne provinois
+ SENONS CIVI, Croix pattée
Diamètre : 21 mm ; poids : 1,40 g

Je proposerai donc l’hypothèse d’une datation à la toute fin du Xe siècle pour notre denier. Si l’on considère que les deniers au peigne apparaissent après la mort d’Eudes Ier de Blois en 996 comme je l’avais proposé dans un précédent article. Si l’on considère aussi qu’à Sens, l’on frappe des deniers au peigne avec la légende CRATIA D-I TI, sans doute après la mort de Rainard Ier en 999, donc sous Fromond II. Ce qui correspondrait à la date de divergence du monnayage commun des deux villes.

On peut en conclure que notre denier ainsi que l’obole du trésor du Puy ont été frappés entre 996 et 999. La faible fréquence de découverte de ce type pourrait être un argument supplémentaire pour une frappe relativement peu étendue dans le temps.
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[1] L.F.Bourquelot, Histoire de Provins, Provins, 1839, p.441
[2] J.Lelewel, Numismatique du Moyen-âge considéré sous le rapport du type, Bruxelles, 1835, p.158
[3] F. Dumas-Dubourg, Le Trésor de Fécamp et le monnayage en Francie occidentale pendant la seconde moitié du Xe siècle, Paris, 1971, p.163-164 et pl.XI.
[4] J. Lafaurie, « Le trésor monétaire du Puy (Haute-Loire). Contribution à l’étude de la monnaie de la fin du Xe siècle », Revue Numismatique, 1952, p.59-169, pl. III-IV

mardi 7 avril 2009

Panorama des monnayages avallonnais (suite)

Dans le précédent article concernant ce monnayage, je signalais que je n’avais pas d’images des billets de confiance d’Avallon pendant la Révolution française. C’est chose faite désormais, vous découvrirez ci-dessous ces différents billets de 1, 5, 10 et 20 sols. Sur les photos ceux-ci sont en noir et blanc mais dans la réalité les 1 sol sont jaunes, les 5 sols bleus, les 10 sols rouges et les 20 sols blancs.[1] Les dimensions sont les suivantes :
1 sol : 4,3 cm de haut par 3,8 cm de large (soit pour 4 billets : 8,6 cm par 7,6 cm)
5, 10 et 20 sols : 5 cm de haut par 7 cm de large








Tous ces billets ont été imprimé en 1792.
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[1] H. Monceaux, « Les Caisses patriotiques et billets de confiance dans l’Yonne », Annuaire historique du département de l’Yonne, Auxerre, 1893, pl. I et II