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samedi 15 juillet 2017

NOUVEAU ! NOUVEAU ! NOUVEAU !

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mardi 11 février 2014

Le denier de Sens de Philippe Ier du 1er type retrouvé



En 1854, Philippe Salmon dans un article paru dans la Revue Numismatique, présentait un denier de Sens au nom de Philippe Ier qu'il décrivait ainsi :
"RE(X) PHILIPPVS ; dans le champ temple sur deux degrés, surmonté d'une croisette ; entre les deux colonnes une croisette.
R/. + SENONIS CIVITAS ; grènetis. Dans le champ, croix cantonné de deux croisettes.
Poids : 8 décigrammes. Diamètre : 17 millimètres, rogné.
Billon. Collection de M Voillemier.
Planche X, n°11."
Voici sa gravure : 
F. Poey d'Avant, en 1862 dans son ouvrage "Monnaie féodale de France" n°5926, reprend la description de Salmon et précise que la croix est cantonnée d'une croisette aux 2e et 3e. Le dessin de cette monnaie se retrouve à la planche CXXXVI, n°21.
Jean Lafaurie en 1951, le classe parmi le 1er type des deniers de Philippe Ier pour Sens et annonce que le poids de l'exemplaire est inconnu : "les Monnaies des rois de France", n°79. Enfin, en 1988, J. Duplessy dans "Les monnaies françaises royales" précise que ce denier unique appartenait à la collection Voillemier et non revu depuis Poey d'Avant.

Or, ce denier a été retrouvé il y a quelques années et appartient à l'heure actuelle à une collection privée. Voici sa photo :
Son poids est de 0,80 g pour un diamètre de 17,2 mm, exactement comme dans la description de Salmon. De plus, si on observe attentivement la photo on s'aperçoit que les légendes sont usées aux mêmes endroits que sur les gravures du 19e siècle (notamment sur le X de REX), et que le rognage signalé par Salmon se situe également au même niveau de CIVITAS.
Cette monnaie semble bien être l'exemplaire de la collection Voillemier enfin retrouvé.

mardi 21 janvier 2014

Un second denier d'Avigneau (?) retrouvé



Voici la description d'un denier mérovingien trouvé dans un secteur du Maine-et-Loire (49) proche de la Mayenne (53).


A/ : GISLIMVNDO, buste à droite drapé ceint d'un bandeau, S couché et O losangé.
R/ : ABINIO FIT, croix pattée sur un socle formé de deux trapèzes l'un au centre de l'autre.
Poids : 0,97 g, diamètre : 12 mm ; argent ; collection privée.

Il s'agit du deuxième exemplaire du denier attribué à Avigneau, actuel hameau du village d'Escamps (Yonne), référence : Prou 2734 ; Belfort 0004.
D'ailleurs, si l'on compare les deux monnaies, on s'aperçoit qu'elles sont de coins identiques tant d'avers que de revers.

Nous ignorons d'où provient le denier conservé au Cabinet des Médailles (Prou 2734), nous savons qu'il faisait partie de la collection J. Rousseau ; de même diamètre il est plus lourd (1,30 g) que ce second denier.
Adrien de Longpérier le donne à Avigneau dans ces Notices des monnaies françaises composant la collection de M. J. Rousseau, mais dès 1849 A. de Barthelemy suggère de l'attribuer à Avignon dans le compte-rendu qu'il fait de l'ouvrage de Longpérier. Néanmoins, Barthelemy dans son Manuel de numismatique, en 1851, reprend l'attribution à Avigneau.

Cependant, en 1867, J. Colin dans une lettre adressée au président de la société française de numismatique précise que l'attribution à Avigneau ne peut être retenue car ce lieu s'appelait "Aquiniolum" dans les Gesta pontificum Autissiodorensium. La même année, J. Quicherat publie dans la Bibliothèque des Chartes un article : "Remarques sur quelques noms de lieux de monnaies mérovingiennes" où il indique également qu'Avigneau s'appelait Aquiniolum et propose de voir dans ABINIO un lieu qui porterait le nom de BIGNON mais sans pouvoir préciser au vu des nombreux villages et hameaux portant ce nom.
Enfin, en 1890, Prou dans son compte-rendu sur le livre de Blanchet : Nouveau manuel de numismatique estime que l'attribution à Avigneau est incertaine. D'ailleurs, Engel et Serrure dans leur Traité de numismatique du moyen-âge placent un point d'interrogation à la suite d'Avigneau

On le voit, l'attribution de ces deniers à ce hameau de l'Yonne est loin de faire l'unanimité et la découverte de ce nouvel exemplaire aux confins du Maine-et-Loire et de la Mayenne ferait pencher plutôt pour une origine dans l'ouest de la France.
Comme l'indiquait Quicherat faut-il voir un lieu nommé Bignon, tel Bignon-du-Maine cité au XIe siècle sous la forme "Buino". Ou y voir un village du nom d'Aubigné (Albiniaco en latin) comme Aubigné-Racan dans la Sarthe ou Aubigné-sur-Layon dans le Maine-et-Loire.
Il est difficile de trancher mais la piste icaunaise semble s'éloigner et Avigneau ne semble pas être l'atelier qui fabriqua ces deniers.

jeudi 2 janvier 2014

Bilan ebay 2013



Voici le bilan des monnaies de l’Yonne passées en vente sur Ebay durant l’année 2013.

97 monnaies icaunaises sont passées en vente sur le site en 2013, beaucoup plus qu'en 2012 (46). 47 proviennent de l’atelier d’Auxerre, 48 de celui de Sens, et 2 pièces de Tonnerre. Voici leur nombre par type et leur cotation moyenne en euros :

Pour les monnaies d’Auxerre, on compte 1 monnaie carolingienne de Carloman qui a atteint 1300 € (un bon prix pour un denier pas si rare que ça : presque une vingtaine répertoriée), 26 féodales, 4 royales et 16 billets de nécessité.
 Pour les monnaies de Sens, nous avons 2 mérovingiennes : un triens (monnaie d'or inédite) et un denier aux entrelacs ; 3 monnaies carolingiennes dont un rare denier de Charles le Chauve à la légende bilinéaire (4e exemplaire répertorié), 36 féodales dont 33 deniers au peigne, et 6 billets de nécessité.
 
 Pour Tonnerre, il y a 2 monnaies féodales des deniers aux étoiles au revers, l'un avec la légende se terminant par CASTI, l'autre par CASIT.
 
 A noter que pour la grande majorité des ventes il semble y avoir une très légère augmentation des prix par rapport à 2012 à l'exception des deniers au peigne de Sens mais la quantité mise sur le marché a fait baisser l'ensemble des prix.


mercredi 11 septembre 2013

Conférence

20 siècles de monnaies dans l'Yonne

Vendredi 27 septembre 2013
Centre culturel de Saint-Georges-sur-Baulche
20h30
venez assister à cette conférence.


lundi 12 août 2013

Deniers d'Auxerre de l'empereur Charles le Gros (884-887)



Lors de la VSO n° 46 de CGB, était présenté sous  le numéro 31 un denier d'Auxerre attribué à Charles le Chauve :


A/ : + CARLVS IMPERAT-, monogramme carolin
R/ : + AVTISIODER CIVIS, croix
Argent ; 1,42 g ; 21 mm

Un deuxième exemplaire a depuis fait son apparition :


A/ : + CARLVS IMPERAT-, monogramme carolin
R/ : + AVTISIODER CIVIS, croix
Argent ; 1,59 g ; 20 mm

CGB avait donné comme référence Prou 592 qui est en fait une obole ayant pour légende :
A/ : CAROLVS IMP AV, croix
R/ : +AVTISIRE CIVIT, monogramme
Cela ne correspond pas exactement aux légendes de nos deux deniers. De plus, Patrick Nouchy dans son ouvrage sur les "Rois carolingiens de Francie occidentale" précise que les monnaies de l'empereur Charles le Gros possèdent des légendes avec IMPERATOR ou ses dérivés. Le style se rapproche également des deniers de Carloman (879-884) de l'atelier d'Auxerre (Etait-ce le même graveur ?).

Au vu de ces arguments, je propose donc de réattribuer ces deniers à l'empereur Charles le Gros (884-887).

samedi 5 janvier 2013

Bilan Ebay 2012


Voici le bilan des monnaies de l’Yonne passées en vente sur Ebay durant l’année 2012.

46 monnaies icaunaises sont passées en vente sur le site en 2012, moins qu'en 2011 (73). 29 proviennent de l’atelier d’Auxerre, 16 de celui de Sens, 1 pièces de Tonnerre et 1 billet de Villeneuve-l'Archevêque. Voici leur nombre par type et leur cotation moyenne en euros :
Pour les monnaies d’Auxerre, on compte 1 monnaie carolingienne fausse, 21 féodales, 1 royales et 6 billets de nécessité (10 si l'on compte les billets à l'intérieur des lots).
Pour les monnaies de Sens, nous avons 1 monnaies carolingiennes cassée, 3 féodales, 3 euros de ville, et 9 billets de nécessité.
Pour Tonnerre, il y a 1 monnaies féodales.
Pour Villeneuve-l'Archevêque, nous avons un billet de nécessité de la guerre de 1870.

 A noter que pour la grande majorité des ventes il semble y avoir une très légère baisse des prix par rapport à 2011. A noter l'excellent prix pour l'obole de Sens rarissime qui a fait 1268 euros.

mercredi 5 septembre 2012

Une obole inédite de l'atelier d'Auxerre



Poey d'Avant dans son ouvrage "Monnaies féodales de France" décrit sous le numéro 5894 un denier avec la légende +ALTISIODORI.
Avec un I en fin de légende ce denier est bien connu, il en existe d'ailleurs deux variétés : l'une cantonnée d'un besant en 1 et en 4 et l'autre cantonnée d'un besant en 2 et en 3.
Voici désormais l'obole 'inédite' correspondant à la deuxième variété.

A/ : +ALTISIODORI, croix auxerroise cantonnée d'un besant en 2 et 3.
R/ : anépigraphe, croix auxerroise dont les branches se terminent chacune par trois besants.
15 mm ; 0,51 g ; billon

Cependant, il faut préciser que cette obole n'est pas totalement inédite. En effet, le musée Saint-Germain d'Auxerre en possède une identique de même poids et de même diamètre. Néanmoins cette dernière avait été mal décrite par Victor Manifacier dans son "Catalogue des monnaies, méreaux, jetons et médailles de la collection Gariel au musée de la ville d'Auxerre". Sous le numéro 53, page 92, il est publié +ALTISIODOR. Est-ce une erreur de l'auteur ou une erreur d'impression ? Quoiqu'il en soit il y a bien un I en fin légende de cette monnaie, il s'agit donc du deuxième exemplaire répertorié.

dimanche 20 mai 2012

Deniers de Carloman de l'atelier d'Auxerre : variétés de légende


Les deniers de Carloman de l'atelier d'Auxerre sont assez rares. Il y a une quinzaine d'exemplaire répertoriée. Cependant, nous pouvons distinguer au moins trois variétés de légende pour le revers de ce type de denier.
La légende la plus développée avec le I final : + CIVIS AVTISSIDERI (cité d'Auxerre) se rencontre sur le denier suivant, découvert récemment dans le département de l'Aube – je remercie ici son propriétaire de l'avoir porté à ma connaissance et de m'avoir autorisé à publier ses photos.
A/ : +HCARLEMANVS R, croix
R/ : + CIVIS AVTISSIDERI, monogramme carolin

Cette légende se retrouve également sur les deux exemplaires du trésor de Gravigny ainsi que sur celui passé en vente en 1993 au "Crédit de la bourse" :

 

La deuxième légende voit son I terminal disparaître, on a donc plus que :
A/ : +HCARLEMANVS R, croix
R/ : + CIVIS AVTISSIDER, monogramme carolin
Denier issu du trésor de Langres (voir Monnaies et détection n°33, avril 2007)
Les deux deniers conservés au Cabinet des Médailles de la BNF (Prou 590 et 591) possèdent la même légende ainsi qu'un des exemplaires de l'American Numismatic Society : http://numismatics.org/collection/1964.176.170 Un cinquième exemplaire dont j'ignore l'origine a également cette légende.

Enfin, nous avons une légende où le R final et remplacé par un P. C'est le cas de l'exemplaire de la vente Alde de juin 2010.

A/ : +HCARLEMANVS R, croix
R/ : + CIVIS AVTISSIDEP, monogramme carolin

Cette légende se retrouve aussi sur l'exemplaire du Musée Saint-Germain d'Auxerre.

Pour que cette étude soit vraiment complète il faudrait connaître les légendes des trois autres deniers détenus par l'American Numismatic Society ainsi que celle de celui conservé au Bode Museum de Berlin. A noter qu'Ernest Gariel dans son ouvrage "Les Monnaies royales de France" donne comme légendes :
A/ : +HCARLEMANVS R, croix
R/ : + CIVIS AVTISSIDER, [les deux S sont rétrograde], monogramme carolin.
Ainsi que :
A/ : +HCARLEMANVS R, croix
R/ : + CIVIS AVTISSIDR, [sans le E], monogramme carolin.

On le voit ici, pour un nombre d'exemplaire restreint nous avons beaucoup de légendes différentes ce qui suppose un nombre important de deniers fabriqués sous Carloman dans l'atelier d'Auxerre.



jeudi 26 avril 2012

Un nouveau denier d'Auxerre inédit du XIIe siècle

Voici un nouveau denier d'Auxerre totalement inédit datant du dernier quart du XIIe siècle.
A/ : +ALTIS/IODOR, croix pattée au pied fichée coupant la légende dont le bras supérieur est recerclé (ou anillé), légende entre deux grènetis denché.
R/ : anépigraphe, dans le champ croix pattée boutonnée, une étoile à cinq branches à chaque extrémité des bras verticaux de la croix et un croissant à chaque extrémité de ses bras horizontaux entre deux grènetis denché.
Poids : 1 g ; diamètre : 19 mm
Argent 
Ce denier est absent de tous les ouvrages de référence et n'avait à ce jour jamais été répertorié.

vendredi 27 janvier 2012

Bilan Ebay 2011

Voici le bilan des monnaies de l’Yonne passées en vente sur Ebay durant l’année 2011.

73 monnaies icaunaises sont passées en vente sur le site en 2011. 49 proviennent de l’atelier d’Auxerre, 21 de celui de Sens, 2 pièces de Tonnerre et 1 d'Avallon. Voici leur nombre par type et leur cotation moyenne en euros :

Pour les monnaies d’Auxerre, on compte 1 monnaie carolingienne, 31 féodales, 4 royales et 13 billets de nécessité.Pour les monnaies de Sens, nous avons 8 monnaies carolingiennes, 6 féodales, 3 euros de ville, 4 billets de nécessité.
Pour Tonnerre, il y a 2 monnaies féodales. Et, pour Avallon, nous avons un denier carolingien de Charles le Chauve.
A noter que pour la grande majorité des ventes il n’y a pas de grand changement par rapport aux prix de 2010.

mardi 3 janvier 2012

Encore un nouveau denier mérovingien de Sens inédit

Voici un nouveau denier mérovingien en argent découvert il y a peu de temps dans l'Yonne. Essayons de savoir ce qui se cache derrière les légendes :

A/ : +V[..]MBERTVS MO, buste nu à gauche

R/ : SENOHECIS CIVIS, monogramme formé des lettres L et D, le L surmonté d'une croisette ; les S sont rétrogrades

Poids : 1,10 g

La légende du revers ne fait aucun doute avec SENOHECIS CIVIS, on peut la traduire par : cité de Sens. Nous avons donc ici un denier de la ville de Sens. Le monogramme représente quant à lui le nom de Lamdebertus (Lambert), évêque de Sens vers 677-691.

Pour l'avers, la légende se terminant par MO indique que nous avons à faire à un monétaire. Jusqu'à présent seuls trois monétaires pour Sens dont le nom apparaît sur des deniers avec le monogramme de Lambert étaient connus. Il s'agissait de Godobrandus, Fartus et Vara..clius (voir l'article http://monnaiesdyonne.blogspot.com/2011/10/une-nouvelle-variete-de-denier.html). Nous avons ici un nouveau monétaire dont le nom est malheureusement incomplet : V [..]MBERTVS.

Enfin, nous pouvons ajouter que, par le style du monogramme assez simple, ce denier se rapproche de celui de l'évêque Lambert. Il semble donc qu'il daterait de la fin du VIIe siècle.

Pour résumer, nous avons un denier d'argent inédit de la ville de Sens du monétaire V..mbertus datant de la dernière décennie du VIIe siècle.

dimanche 18 décembre 2011

Deniers inédits de Pépin le Bref pour Sens

Dans un précédent article, je vous présentais deux deniers carolingiens de Sens, mis en vente par la société Elsen et fils, dont un denier de Pépin le Bref inédit.

Avers : monogramme RP sous un tilde, à droite un globule
Revers : En deux lignes séparées par un trait et un point: ECL·/ SEN
Poids : 1,04 g ; Diamètre : 15 mm. Collection privée

Cette monnaie, dont le revers ECL./SEN peut être développé en Ecclesia Senonesis, désigne l'archevêché de Sens.

Or, dans un article du Bulletin de la Société Française Numismatique (n°8, octobre 2010, p.232-234), Philippe Schiesser présente un nouveau denier de Pépin le Bref tout à fait inédit. Voici ce denier :

Avers : ..RX.I.P.. (R rétrograde, R et X liés, R et P centré d'un point)

Revers : SEN (sans croisette ni tilde ?)

Poids : 0,86 g ; Diamètre : 13,5 mm. Collection privée.

L'auteur attribue cette monnaie à la ville de Sens grâce à la légende du revers, et à Pépin le Bref par son monogramme bien qu'il soit ici nouveau. Cependant, ce denier qui possède une âme de cuivre sous une pellicule d'argent est un faux d'époque. Néanmoins il doit être assez proche de l'original, qu'il copie, car la légende du revers SEN rappelle les premiers deniers de Charlemagne de cette ville. Cette continuité incite à penser qu'un denier authentique a dû être frappé.

Si vous souhaitez approfondir davantage, je vous laisse découvrir l'article de Philippe Schiesser que vous pourrez commander auprès de la Société Française de Numismatique, ici.

mardi 4 octobre 2011

Une nouvelle variété de denier épiscopal de Sens d'époque mérovingienne

Découvert récemment au sud de la Seine-et-Marne, ce denier d'argent a des similitudes avec les deniers épiscopaux de Sens déjà connus mais également des différences qui en font une nouvelle variété.
Voici sa description :
A/ : + SENO[N]S OEA, buste à gauche stylisé avec un diadème constitué de traits hérissés, les lèvres représentées par deux besants, les S sont couchés.
R/ : A[F]DEVHSEL, Monogramme formé des lettres L et D, le L surmonté d'une croisette formée de trois besants, S couché.
Poids : 1,22 g ; Diamètre : 12,4 mm
Ce denier fait immédiatement penser au denier n°60 du trésor de Bais. Les légendes du droit sont identiques, mais dans le sens rétrograde pour le trésor de Bais: +AEO SENONS. De plus sur le dernier n°60 le buste est à droite et d'une facture plus soignée, cependant on retrouve les deux globules formant les lèvres. Le monogramme du revers de l'exemplaire n°60 est également identique mais 7 à 8 globules l'entourent. Voici ce denier :

Cette monnaie a été vendu lors de la vente Numismatik Lanz du 30 mai 2005, n°1181. Pierre Crinon dans son article : "Nouvelle datation du trésor de Bais, à propos des deniers épiscopaux de Sens" a attribué ce denier à l'épiscopat de Saint-Ebbon et le datait des années 720/730.
Cependant, le monogramme composé des lettres L et D se retrouve également sur des deniers où les noms des monétaires sont présents, nous avons : Godobrandus, Fartus, Vara..clius. Ceux-ci sont antérieurs au denier de Saint-Ebbon et datent du début du VIIIe siècle. Les styles sont néanmoins très voisins.
Denier au nom du monétaire Godobrandus, identique au n°59 du trésor de Bais (collection privée).
Sur notre nouveau denier au revers nous avons probablement le nom d'un monétaire mais il est actuellement impossible de savoir lequel dû à la difficulté de comprendre la légende.
Peut-on en conclure que ce nouveau denier, au vu des similitudes avec le n°60 de Bais ainsi qu'avec le n°59 (notamment la croisette constituée de trois globules et le nom d'un monétaire), serait à classer entre ces deux exemplaires ? Un argument supplémentaire vient du poids, le denier n°59 au nom de Godobrandus pèse 1,24 g, notre denier 1,22 g et le n°60 de Bais 1,15 g. Peut-on admettre un abaissement du poids au fil des années ? Nous pourrions alors dater ce nouveau denier des années 700/720 pendant l'épiscopat de Géry ou au début de l'épiscopat d'Ebbon. Cela reste bien entendu une hypothèse.

vendredi 23 septembre 2011

Deux écus d'or exceptionnels de l'atelier d'Auxerre

Deux exceptionnels monnaies d'or de Charles VII pour l'atelier d'Auxerre sont ou vont passer en vente aux enchères.
La première est un écu d'or au briquet du 4e type (après 1435). Il a été proposé lors de la vente Alde du jeudi 16 et vendredi 17 juin dernier. Sa mise à prix était de 5000 € et il a été vendu 6500 €.

Voici cette monnaie :A/ : (Briquet)*KAROLVS*DEI*GRA*FRACORV*REX, écu de France couronné, accosté de fleurs de lis couronnées, ponctuation par étoile.
R/: (Briquet)XPC*VInCIT*XPC*REGnAT*XPC*InP, croix fleuronnée, cantonnée de quatre couronnelles. Briquet en cœur (marque de l’atelier d’Auxerre). Ponctuation par étoile sur croissant.
Poids : 3,31 g ; diamètre : 27 mm ; axe des coins : 9 h
Références : Dumas 20-3 - Dy 517 - L 512c Photo : http://ogn-numismatique.com

Cet écu est exceptionnel par sa rareté, en effet seul deux autres exemplaires sont connus : collection Marchéville n°1447 et vente Argenor avril 2000, n°234 (3,50 g, 27 mm, 5488 €). Peut-être ne font-ils qu'un d'ailleurs ?

Le second écu d'or de Charles VII pour Auxerre est proposé à la vente aux enchères n°10 de Monnaies d'Antan, sous le n°282.
Il s'agit aussi d'un écu d'or au briquet mais du 3e type. Sa mise à prix est de 5500 €.
A/: (briquet)*KAROLVS*DEI*GRA*FRACOnRUm*REX*, Ecu de France accosté de deux fleurs de lis couronnées, ponctuation par étoile.
R/: (briquet) XPC*VInCIT*XPC*REGnAT*XPC*InPERAT, Croix fleuronnée cantonnée de quatre couronnelles, ponctuation par étoile.
Poids : 3,31 g ; Diamètre : 27 mm
Références : Dumas 20-2-2 ; Dy516c ; L512b. Photo : http://www.monnaiesdantan.com/vso10/charles-vii-ecu-briquet-p282.htm

Françoise Dumas avait répertorié trois exemplaires de ce type d'écu (3,44 g - 3,38 g (Gariel n°35) - 3,31 g), c'est dire la rareté de cette monnaie.

mardi 17 mai 2011

Petite boursée auxerroise du XIe siècle

Il a été trouvé récemment dans le Tonnerrois un ensemble de quatre monnaies de billon : trois deniers et une obole à la légende + AVTSIODERCI caractéristique du monnayage féodal auxerrois. L'inventeur m'a fait parvenir les clichés ainsi que la métrologie de ces monnaies. Les voici :

1. A/ : + AVTSIODERCI, croix auxerroise

R/ : anépigraphe, croix auxerroise et trois besants entre deux grènetis

1,39 g ; 20 mm

2. A/ : + AVTSIODERCI, croix auxerroise, le 1e poinçon de la croisette est manquant

R/ : anépigraphe, croix auxerroise et trois besants entre deux grènetis

1,28 g ; 20 mm

3. A/ : + AVTSIODERCI, croix auxerroise

R/ : anépigraphe, croix auxerroise et trois besants entre deux grènetis

1,29 g ; 20 mm

4. A/ : + AVTSIODERCI, croix auxerroise

R/ : anépigraphe, croix auxerroise et trois besants entre deux grènetis

0,42 g ; 12 mm

Pour la monnaie n°2 : je n'avais encore jamais vu de denier avec trois triangles au lieu de la croisette complète de début de légende. Je ne pense pas que cela constitue une variété à proprement parler mais juste un oubli du graveur.

D'après la forme des croix (fortement pattées), la forme des A, V et I (les triangles constituant les lettres sont jointifs) ce sont des deniers du XIe siècle et vu les poids (autour de 1,30 g) probablement du milieu de ce siècle. L'obole doit être de la même époque puisqu'elle a été trouvée avec les autres. Elle est décentrée et plus frustre, c'est pourquoi elle est plus difficile à déterminer. Malheureusement aucune autre monnaie n'a été trouvée avec les quatre décrites ci-dessus qui aurait pu affiner la datation de cette trouvaille.
En conclusion, nous avons là une boursée de monnaies auxerroises du milieu du XIe siècle. La connaissance de ce genre de trouvaille permet de cerner et de dater de mieux en mieux le monnayage auxerrois.

mardi 29 mars 2011

Un denier inédit d'Auxerre du VIIe siècle

Voici un denier mérovingien du VIIe siècle qui a été trouvé dans le Maine-et-Loire. Cette monnaie fut postée sur l'excellent forum Numismaticom2 pour identification. Michel Dhénin a réussit à lire la légende AVTSODERIO en rétrograde (c'est-à-dire Auxerre) et après vérification au Cabinet des Médailles il semblerait que ce denier soit inédit. Il pourrait dater du dernier quart du VIIe siècle et être une frappe épiscopale mais pour l'instant rien ne nous permet de l'affirmer.

A/ : AVTSODERO, buste à gauche un point de chaque côté du buste
R/ : Grand A crucigère entouré sur trois côtés de trois points en triangle ; un point dans les canton 1 et 2 de la croix surmontant le A.

Diamètre : 12 mm ; Poids : 1,2 g. ; Argent

Je tiens à remercier le propriétaire de cette monnaie de m'avoir autorisé à la publier ici et M. Dhénin pour son identification.

samedi 29 janvier 2011

Un rare denier auxerrois du Xe siècle

Ce denier auxerrois anonyme semble très commun au premier abord, mais une étude attentive des croix centrales et de la légende permet de distinguer plusieurs éléments.
Tout d'abord les croix sont épaisses ce qui permet de classer ce denier au Xe siècle[1]. Quand à la légende elle est abrégée, on peut lire : +AVTSIODER. Cette légende n'est référencée que par les numéros 6758 à 6760 du trésor de Fécamp soit 3 exemplaires. Françoise Dumas[2] donne ces monnaies des premières année du règne de Henri Ier duc de Bourgogne, c'est-à-dire vers 965.

A/ : +AVTSIODER, croix épaisse
R/ : anépigraphe, croix épaisse
Poids : 1,32 g ; Diamètre : 23 mm

Il semblerait en plus que ce denier ne possède pas au revers les trois points disposés en triangle qui ornent habituellement ce type de monnaies. Nous avons donc une variété qui est rarissime voire inédite.

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[1] CRINON (P.) et PROT (R.) – Deniers inédits de Sens et de Tonnerre et essai de chronologie du monnayage anépigraphe à Sens, Tonnerre et Auxerre durant les deux premiers tiers du Xe siècle. BSFN n°2, février 1993, p.483-489.
[2] DUMAS-DUBOURG (F.) – Le Trésor de Fécamp et le monnayage en Francie occidentale pendant la seconde moitié du Xe siècle, Paris, 1971, p.169-171.

mercredi 5 janvier 2011

Bilan 2010 des monnaies icaunaises sur Ebay

Voici le bilan des monnaies de l’Yonne passées en vente sur Ebay durant l’année 2010.

75 monnaies icaunaises sont passées en vente sur le site en 2010. 47 proviennent de l’atelier d’Auxerre, 15 de celui de Sens, 3 pièces de Tonnerre et 5 billets de nécessité de Charny. Voici leur nombre par type et leur cotation moyenne en euros :

Pour les monnaies d’Auxerre, on compte 2 monnaies carolingiennes, 25 féodales, 4 royales et 16 billets de nécessité.
Pour les monnaies de Sens, nous avons 4 monnaies carolingiennes, 8 féodales, 1 royale, 1 monnaie de nécessité métallique, 1 billets de nécessité.
Pour Tonnerre, il y a 3 monnaies féodales.
Pour Charny, nous avons 5 billets de nécessité inédits d'une boulangerie coopérative notés en kilo de pain.
A noter que pour la grande majorité des ventes il n’y a pas de changement par rapport aux prix de 2009.
On remarque cependant que les monnaies les plus rares voire uniques ou celles en état superbe obtiennent les enchères les plus hautes, c’est tout à fait logique.

Voyons maintenant quelques une de ces plus belles ventes :

- Le denier de Charles le Chauve pour Auxerre en état TTB, la frappe est désaxée mais complète (500 €).
- Le denier aux lis pour Auxerre (PA5897), c'est une monnaie relativement rare et généralement pas très bien frappée (389 €).
- La monnaie de nécessité métallique de la Société coopérative l'économe de Sens en aluminium uniface semble inédite (28 €).
- Le denier anonyme aux étoiles de Tonnerre était en bel état (515 €).
- Le denier d’Eléonore de Savoie pour Tonnerre en très bon état pour ce monnayage très rare a vu les enchères monter jusqu'à 560 €.
- Les billets de nécessité de 2 kilos de la boulangerie coopérative de Charny semblent également être inédites (8 €). Il existe aussi les mêmes billets avec des valeurs de 1 kilo.
- Enfin pour terminer, voici un faux denier de Charles le Chauve pour Sens qui est un faux moderne. Regardez bien la photo pour ne pas se faire tromper.